NERVURES | ALICE RAYMOND | 21.02.19 > 24.03.19


© Alice Raymond, Carte d’exploration, 2011 et Espace (petite structure), 2016


Nervures
[Se dit aussi d’une rainure saillante permettant la circulation d’air ou d’eau dans un circuit fermé]


Un instrument de mesure du paysage. Un horizon délimité entre les États-Unis et l’Europe.
[Espace], [Panorama], [Circulation], [Border], [Insulaire] : Alice Raymond trace des mots avec des formes. Le système de codification révèle des silhouettes géométriques déclinées en dessin, peinture, sculpture. Ces relevés langagiers sont issus de déplacements et d’expériences vécues par l’artiste dans des territoires arpentés, observés furtivement ou habités durablement.

Le 31 janvier 2019, Alice Raymond revient à Bordeaux après deux mois passés à Miami. Ce n’était pas un voyage, plutôt une délocalisation professionnelle. Un autre atelier et d’autres personnes rythmaient ses journées de travail. Miami, 15h. Alice est assise près de la piscine, les reflets de l’eau scintillent comme des paillettes sur la surface du papier à dessin. Un air acidulé, une odeur de Tropiques nous chuchote à l’oreille des formes graphiques.

L’exposition polyptyque Nervures résulte d’une collaboration entre une artiste et une curatrice. Nervures se construit comme un roman. Les chapitres s’enchaînent, un personnage central habite chacun des paysages successivement proposés dans l’exposition. Ici, à 5UN7, on navigue dans une structure fine qui s’élève et nous surplombe. Les sculptures prolongent une histoire entamée à la Galerie Eponyme en septembre dernier. De petits instruments accrochés en hauteur nous indiquaient alors une direction à suivre. Ces augures écrivaient déjà une histoire de circulation.

L’espace détermine la pratique artistique d’Alice Raymond. Son positionnement, ses multiples trajectoires, son rapport toujours géographique au paysage conditionnent le geste et interviennent dans chaque décision plastique. L’artiste nous suggère aujourd’hui de fendre l’air de la galerie, d’enjamber l’espace, de le contourner ou de le traverser. Bientôt, le troisième chapitre s’écrit à l’horizon, quelque part en Dordogne…

Élise Girardot, février 2019



Née dans la région parisienne, Alice Raymond a grandi en Allemagne puis vécu en Suède et aux États-Unis. Son travail a été présenté dans plusieurs galeries et centres d’art aux États-Unis et en Europe dont le Musée d’art contemporain de North Miami, l’Institut d’art contemporain de San Jose, et s’est développé lors de résidences comme AIRIE (Artits In Residence In the Everglades). Il fait actuellement l’objet d’un partenariat de production avec l’entreprise bordelaise T2i dans le cadre du nouveau Pôle Innovation et Créativité du FRAC Méca.

Élise Girardot est curatrice indépendante et membre de C-E-A, association française des commissaires d’exposition. Elle collabore auprès d’artistes émergents par la production d’expositions, de performances ou de textes. Après des études de Lettres modernes, elle intègre le Master de recherche en art CCC (Critical, Curatorial, Cybermedia) de la HEAD, Haute École d’art et de design de Genève. Souvent in situ, ses projets d’écriture ou d’exposition deviennent des prétextes narratifs cherchant à révéler les espaces et les lieux où ils s’implantent.

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